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Un sursaut citoyen pour une Europe des solidarités


L’ensemble des pays de l’Union ont dû faire face à tant de crises successives depuis 2008 : de la crise boursière à celle de la dette de la zone euro, au Brexit, ainsi que la crise de l’accueil migratoire. L’attentisme de nombreux dirigeants de l’Union n’a pu qu’ébranler la confiance de citoyens qui attendaient d’autres réponses. Car aujourd’hui, nous ne pouvons plus parler de leçon devant tant d’années de crises sans analyser une grande défaite de la pensée conservatrice et néo-libérale. La finance mondiale est encore moins régulée qu’en 2008 et de nombreux économistes commencent à discerner une nouvelle bulle spéculative. La lutte contre les inégalités n’est plus une priorité alors que des États engagent la révision des droits sociaux. De plus, les droits fondamentaux des demandeurs d’asile ont été bafoués et certains États comme la Belgique ou la France envoient des familles en rétention provisoire, enfants compris.


Il apparaît aujourd’hui nécessaire de repenser l’idée européenne, de proposer une alternative crédible au radicalisme destructeur, au racisme rampant des discours de haine et aux excès d’un libéralisme qui les nourrit.


La remise en cause de l’existence même de l’Union Européenne n’est pas seulement un retour de l’idée d’une identité nationale illusoire et figée à un modèle fantasmatique, ou d’une peur démesurée de l’autre; elle prends également profondément racine d’une grande incompréhension de son fonctionnement et d’un sentiment d’une perte de contrôle démocratique. Le péril populiste profite de cette incompréhension, du fonctionnement institutionnel de l’Union européenne et de son opacité, lui donnant presque un aspect indolent. Pour autant, on ne peut ignorer le principal problème qui découle de cette situation: l’impuissance de plus en plus marquée de la parole citoyenne. Il est donc nécessaire de repenser le fonctionnement de l’Union européenne, ses politiques et ses méthodes.


L’exigence d’une Union européenne responsable doit s’établir sur trois piliers principaux: une Europe plus démocratique, une Europe sociale et une Europe durable.


La démocratie participative et une garantie de transparence doivent permettre une initiative politique large et un débat ouvert à l’ensemble des citoyens afin d’assurer une prise de décision responsable et de rétablir une confiance en une volonté, non seulement commune, mais également collective. Les citoyens européens doivent se réapproprier l’Union européenne.


Dans son discours de la Sorbonne, E. Macron a annoncé vouloir uniformiser les systèmes sociaux européens en faisant appel à un mécanisme de solidarité. Dans les faits, la solidarité européenne ne doit pas être le prétexte au démantèlement de la protection sociale dans les États où cette dernière est la plus accomplie. Nous devons, au contraire, encourager l’ensemble des États à développer une politique sociale efficace et plus protectrice des plus fragiles. Nous devons tendre à une harmonie vers le haut, non standardisée vers le bas. Un véritable mécanisme de solidarité sociale européen pourrait être financé par la lutte contre l’optimisation fiscale. Les grandes sociétés et les GAFA en partagent les mêmes obligations. Un devoir qui invite l’Union à la transparence et la responsabilisation des traités internationaux en imposant des exigences sociales et environnementales.


L’Union européenne doit se reconnaître en une politique engagée vers une Europe durable et écologique. Un plan d’investissement doit être mis en oeuvre en faveur d’une réduction des polluants et d’une transition efficace. Une politique ambitieuse au service de l’environnement et de la santé sert non seulement l’agriculture mais également toute l’économie. L’Union européenne doit préserver le bien-être de ses citoyens et des générations futures.


Si d’aucuns s’inspirent du fatalisme, c’est à l’espoir et aux convictions démocratiques et sociales que les citoyens redeviendront les bâtisseurs d’une Europe porteuse de projets globaux, ambitieux et universels.


Kévin Bodart.